In the shadow
-
Bon voyage.
-
Merci.
Je ne suis pas superstitieux, mais je me rends bien compte que ce
“merci” ne va pas me porter chance.
-
Excusez-moi madame, déclara la grosse dame.
-
Oui? Questionna l’hôtesse de l’air.
-
Pourriez-vous m’indiquer la place 41J
-
Oui. Voilà madame, c’est celle à coté de monsieur, côté
fenêtre.
Il fallait que ça tombe sur moi! Je m’apprêtai à savourer un
voyage tout tranquille (histoire de bien récupérer de ce dense
séjour…), voire reposant…ben non!
Il fallait que le hasard, le Bon Dieu ou tout autre entité
intervenant dans se type de rencontre, m’attribue, celle qui
semble être la personne la plus volumineuse de l’assemblée,
pour voisine.
Justified Black eye
-
Ouf! Lâcha gracieusement Sylvaine (NDmoi : prénom qui sans
avoir montré une quelconque curiosité me sera généreusement
mentionné par la dite). J’ai eu peur de louper l’avion.
Parce que vous comprenez, nous attendions avec une dame que
j’ai rencontrée ce matin, juste devant l’aéroport.
C’est son mari qui l’a déposée parce que c’était
sur sa route. On attendait à la porte 49, sur mon billet était
mentionné 49, mais à 11h15 ils ont embarqué pour New York
(NDmoi : Notre décollage était prévu à 11h40). J’ai dit
à Josiane (NDmoi : certainement sa compère d’attente),
« C’est pas possible, là y’a un problème ».
Alors j’ai demandé à Paul, un p´tit gars bien charmant qui
travaille pour l’aéroport, il nous a indiqué la bonne porte.
Comme c’était un peu loin, j’ai couru, mais vous
comprenez avec mon poids (NDmoi : l’exploit commence
déjà avec le fait de pouvoir bouger !). Oui parce que
j’ai un beau volume ! Vous savez, j’ai pas
toujours été comme ça. C’est seulement depuis le décès de mon
papa. Oh là là, qu’est-ce que j’ai été affectée. Oui,
j’allais 10 fois par jour sur sa tombe au début. Mais bon, je
suis dans l’avion, c’est une bonne chose. J’ai
hâte de revoir Bernadette.
Elle enchaîna :
-
Pardon, excusez-moi, mais ils ne sont vraiment pas pratiques les
sièges. Attendez, je dois chercher quelque chose dans mon
sac.
-
Bonjour ! (NDmoi : l’espace de 10 minutes, je
croyais bien être transparent)
Histoire de ne pas paraître rustre, et voyant son incapacité à
intégrer son siège rapidement, je lui propose gentiment de la
débarrasser de son manteau de fourrure (NDmoi : encore une
pseudo bourgeoise trahie par sa réservation en 2ème
classe !).
-
Merci monsieur vous êtes gentil, m’offrait
elle.
Non sans mal, nous étions (enfin) installés, elle plus que
moi ! (NDmoi : dire que j’aurai pu payer que la
moitié de ma place.)
Don´t Worry be happy
Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas du genre à me
moquer, encore moins
le physique. Là il y a abus, donc il y a
excuse…
Je voyais ma voisine peiner pour lever sa fesse et batailler pour
récupérer une partie de sa ceinture, coincée dessous. Scène dont je
me gardais bien d’intervenir de peur d’y perdre ma
main ! Quelques minutes plus tard, les parties de la ceinture
étaient disponibles, prêtent à l’accrochage. Nous réalisâmes
tous deux que cette dernière action allait engendrer de
profond hématomes.
Pour être tout à fait honnête (NDmoi : Si, si, c’est
possible), j’étais, quand même, gêné pour
elle.
What a wonderful world
En conséquence d’un épais brouillard qui sévissait, ce jour
là sur Paris, notre avion vit son décollage retardé de quelques
minutes (NDmoi : au final 90 !)
- Vous
savez, je n’ai pas toujours été comme ça. C’est depuis
le décès de mon père. Je n’étais pas prête. Mais
c’était un bel enterrement. Ce n’était pas triste. Et
la musique était belle : « l’auvergnat » de
Brassens et « Je ne regrette rien » d’Edith Piaf.
Chaque fois, dès lors, que j’entends ces chansons, j’ai
des frissons. Ce qui était bien, c’est qu’il avait tout
préparé. C’est bien les conventions obsèques. Parce que ce
n’est pas gai. Alors, quand on ne sait pas. Ma mère, elle,
elle veut se faire enterrer avec ses bijoux. Moi, je dis rien,
c’est son choix. Et comme j’dis toujours (voilà, les
masques tombent, je me doutais bien que c’était le genre de
femme à « comme j’dis toujours »…bien vu
l’aveugle !), je ferai comme elle l’a décidée. En
ce moment, elle est en maison de retraite. C’est mon père qui
l’y avait placée. Faut pas croire, il était gentil mon papa.
C’était tout pour moi, mon papa, mon ami, mon copain, mon
confident. Heureusement que mon cousin Paul était là pour
m’aider. Un gars génial mon cousin. D’ailleurs on
devrait passer au-dessus de sa maison qu’il m’a dit.
Alors, vous ne savez pas ce qu’il m’a dit mon
cousin ?
-
Non. Même si tout portait à croire que j’allais prochainement
le savoir !
-
C’est un grand déconneur mon cousin ! Il habite dans
l’Oise, moi je suis des Yvelines, en fait je suis picarde
d’origine, mais je vis à Versailles, parce qu’avant
d’être à la retraite, je travaillais au centre P.T.T des
Yvelines. L’ambiance était bien au travail, c’est plus
comme maintenant. C’était mieux. Oui, je crois que
c’était mieux avant,dit une retraitée depuis 15 ans des
P.T.T… il m’a dit que je verrai sa maison parce
qu’il m’a dit que les avions passaient au-dessus de
chez lui. Croyez moi, il a de la culture mon cousin, et il a
ajouté qu’il les écoutait de chez lui, moi je ne sais
pas.
-
S’il le dit. Fallait bien que j’arrive à en placer
une !
-
Il m’a dit, « Si tu vois la maison, tu demandes au
pilote de se poser dans mon jardin pour que je vous paye
l’apéro »
A peine avait elle fini sa phrase, qu’elle commença à
glousser de rire, fière de l’humour dévastateur de son Fameux
cousin. Son rire, et les vibrations répercutées par son corps
firent croire aux passagers situés à l’arrière de
l’appareil à un démarrage immédiat. Pas de
chance !
Quel déconneur son cousin !
Nothing else matter
Le Chef de cabine nous annonça le décollage prochain, nous demanda
de remonter nos tablettes et d’attacher nos ceintures. Une
hôtesse devait, par la suite, passer dans les rangs pour
vérifier.
Dans le même temps, je voyais ma voisine batailler pour accrocher
sa ceinture. En vain ! Nullement démontée, elle me lança tout
sourire :
"- C’n’est
pas grave, l’hôtesse elle me connaît, elle se souvient de
moi, même si j’ai encore un peu grossi depuis la dernière
fois. Pareil, j’allais voir Bernadette à Dallas, enfin, à
coté, elle habite à 250 kilomètres au sud de Dallas, vers Waco
(NDmoi : minute soupe…je ne pouvais pas la laisser
passer), mais encore un peu plus loin. Elle vient me chercher à
l’aéroport, elle m’a dit qu’elle partait vers
midi car c’est loin de Dallas, à peu près 250 kilomètres
(NDmoi : mais non ! on ne radote pas avec l’âge).
La dernière fois que je l’ai vue, j’ai pleuré. Tu
parles (NDmoi : non, justement…), 16 ans que je ne
l’avais pas vu ma Bernie (NDmoi : Moi, c’que
j’aime pas dans les oiseaux, c’est
l’bec !...J’aurai pu mentionner Bonvoisin, mais je
ne le trouvais pas de circonstance.) Son mari, il est américain.
Ils se sont rencontrés pendant la guerre. Ses enfants n’ont
jamais vu la France. Elle voudrait bien revenir, mais lui y ne
veut pas. Ca ne va pas fort entre eux. Elle voulait le quitter, mes
elle reste pour ses enfants. Alors depuis, elle court des
marathons, des 100 kilomètres, des 24 heures. Encore aujourd´hui,
nous avons 5 ans de différence (NDmoi : elle cherche) donc
elle à 67 ans. Bon, dernièrement elle a fait une course à
(NDmoi : j’ai oublié le nom de la ville), c’est en
Russie, mais vers le Japon, vous savez, dans la pointe. Elle
termine toujours dans les premières dans sa catégorie. Mais elle a
commencé tard à 43 ans et…
-
Si vous voulez madame, lui dit l´hôtesse, vous pouvez changer de
place, il y a des places disponibles devant.
(NDmoi : YYYYYYYYEEEEEEEEEEEEEEEEESSSSSSSSSSSSSSSSSSSS, merci
madame l’hôtesse)
-
Ben non, en fait, j’aime bien discuter avec le monsieur, il
est gentil. (NDmoi : discuter = échanger des
propos…).
Bien sûr, ce n’est pas à moi que l’on aurait proposé
ça, non !
Je décidai de faire face. Je resterai sur mon demi-siege, à
l’affût de la première opportunité pour
bouger.
Welcome to the jungle
L’avion venait enfin de décoller, un bonheur n’arrivant
jamais seul, mon omniprésente voisine décida de se laisser emporter
par sa fatigue et goûter aux joies des
micro-siestes.
L’insolite de la situation consistait en la comparaison
sonore pour savoir qui des réacteurs ou de ma voisine atteignait le
plus haut niveau de décibels (NDmoi : J’exagère à
peine…).
Fort de cette accalmie, je décidai de poursuivre la lecture du
roman de Thomas Pynchon « V. » (NDmoi : à mi chemin
entre Kerouac et Joyce).
Une trentaine de pages plus tard, alors que nous survolions la
Grande-Bretagne (Liverpool), les réacteurs stoppèrent. Ah non, ce
silence relatif, marquait le réveil de Sylvaine. Je feins de ne
pas l’avoir pas vu. Peu importe, elle se chargea de me
faire lâcher ma passionnante lecture, par un (ô combien) discret
coup de coude.
-
J’avais même pas vu qu’on avait décollé (nous, par
contre on t’a bien entendu partir !)
-
Ca va faire une heure et demie
-
Ben, on n’ira pas boire l’apéro chez mon cousin
alors !
-
Oui, c’est dommage. (NDmoi : Je ne maîtrise pas
grand-chose, mais dans l’art du faux-cul
j'excelle !)
-
Oh oui, surtout que ce cousin je l’adore. Quand mon père est
mort, j’allais vraiment pas bien (NDmoi : on ne
l’as pas déjà vécu cette scène). Remarque, Joseph,
c’est le diminutif de Joséphine (NDmoi : de toute
beauté…) elle m’a beaucoup aidée aussi. Nous nous
sommes rencontrées lors d’un voyage en Thaïlande. Nous étions
partis avec Transunivers. C’est superbe la Thaïlande.
Qu’est-ce qu’on a pu en voir des Boudhas, des grands,
des petits, des gros (NDmoi : J’en ai un à mes
côtés…). Mais faut dire que la fête avait été gâchée par un
type qui voyageait avec nous. Il fricotait avec une petite là-bas.
C’est fou, il y a des gens qui y vont que pour ça. Du coup,
après avec le comité d’entreprise, on a préféré aller en
Roumanie. Ca a quand même beaucoup changé depuis Ceausescu. On peut
encore payer en Lei mais ils acceptent aussi les euros. On rigole à
chaque fois. Ca fait un an que je n’y suis plus retourné.
Moi, j’y vais pour la balnéothérapie, des bains de boue.
Quand j’y suis allée après la mort de mon papa, ça
m’avait fait le plus grand bien. D’ailleurs, ma voisine
elle me l’a dit : « t’as l’air bien
Sylvaine ». L’autre jour, je me suis engueulée avec
elle. Elle est gentille mais elle n’a aucune culture,
c’est comme je dis à ma mamie. Je dis que c’est ma
mamie parce que je prends soin d’elle, elle ne peut plus
sortir de chez elle, alors je lui fais ses commissions. On regarde
« plus belle la vie » ensemble. J’adore.
C’est vraiment une série prenante. En fait, on regarde
d’abord « Des chiffres et des lettres », après
c’est « Question pour un champion ». On reste sur
la 3 car on aime bien regarder le journal régional et après le
« 19-20 » avec la petite Audrey Pulvard. Elle est super,
très objective. Après c’est le sport, j’en profite pour
faire chauffer la soupe.
-
Vous ne voulez pas refaire une petite
sieste !
Mais non, même si mon envie était forte, je n’ai pas eu le
courage de lui dire. Bien au contraire, j’enchaînai les
expressions du genre « Ah bon ! », « Ah
oui », « C’est pas vrai ! », « moi
aussi », « bof ! » accompagné des mouvements de
sourcils adéquates.
Enchaînant sur les émissions et séries télé, elle me faisait part,
la larme à l’œil, de son dernier achat, une cassette de
Trrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr Trrrrrrrrrrrrrrrrrr (roulement de tambour)
« Les oiseaux se cachent pour mourir »
-
C’est le dernier épisode. C’est une cassette en anglais
(NDmoi : Question : Elle dit cassette parce que
c’est une cassette, ou elle dit cassette à la place de
DVD…du genre : je vais faire les courses à Mammouth
quand c’est Cora depuis 12 ans !!!) mais vu que je le
connaissais par cœur, c’est pas
grave.
Elle se lança alors, non sans une pointe d’émotion sincère,
dans le récit poignant de l’amour interdit du cardinal de
Bricassart et Meggie. Le point d’orgue fut le récit de la
révélation à Dane (NDmoi : Le fruit de l’amour de Meggie
et du cardinal….je suis imbattable maintenant) de
l’identité de son père.
-
Dane. Dade iz dide ! Des larmes coulèrent.
Je restais muet, ébahi devant l’inconcevabilité de la
scène.
Elle enchaina sur sa tante, rentrée dans les ordres, qui avant de
passer « de l’autre coté », lui
confia :
« De toute facon, je pars, mais j’emporterai mon secret
avec moi. »
Ce qui fit dire à Sylvaine « A mon avis, je ne sais pas
ce qui s’est passé, mais elle n’est pas rentrée dans
les ordres par conviction ».
Elle me parla également, pour clôturer cet intermède
téléviso-religieux, du curé de son village qui passait avec des
filles sur l’arrière de sa mobylette. D’un membre du
conseil municipal de sa ville (NDmoi : dont elle fait partie)
et son proselytisme exacerbé.
Elle conclut son monologue par cette phrase devenue
culte :
« Oh là là, qu’est ce que j’ai soif
aujourd’hui ! »
Certainement la clim madame, certainement la
clim.
La chasse aux papillons
Le premier plateau repas arriva, au menu : Salade, Lasagnes,
Petit pain, Portions de beurre, raisin, eau.
Me voyant tartiner le beurre sur le pain, ma charmante voisine se
proposa de me donner son beurre :
-
En tout cas, ce n’est pas le beurre qui me fait grossir, je
n’en mange pas. Mon régal, c’est les fruits,
J’A.DOOR.E les fruits »
Résultat, elle a mangé la moitié de sa salade, ses lasagnes, et son
pain. Ben alors ! Les fruits !
Pour la suite du voyage, elle me fit part de sa connaissance sans
fin de la diététique et des précautions qu’elle fait en ces
temps de forte corpulence. Mais fit honneur au
« Sprite », « Coca » et la pizza
finale.
CQFD
Battle of evermore
Le moment que j’ai le plus savouré : Au bout de 7h de
vol, elle a voulu se dégourdir les jambes.
Après plusieurs minutes pour se sortir de son siège (NDmoi :
vous connaissez l’expression : Serrez comme des baleines
à l’huile ?), elle m’a octroyé le droit à 20
bonnes minutes de repos physique et auditif (NDmoi : un peu
olfactif aussi…). Mon bien être coïncidait avec le
dérangement des autres passagers (NDmoi : largeur couloir
inférieur à largeur….).
Et vas-y que je te bouscule la tête, que je te remets en place les
compagnons des bras ballants. Malheur à celui qui croisait son
regard. Telle Médusa, affronter son regard est dangereux. Pour elle
(NDmoi : Sylvaine), la regarder signifie lui montrer de
l’intérêt, ce qui implique début du monologue (NDmoi :
du va Geindre !!!). Que celui qui ne connaît pas le prénom de
ma voisine lève le doigt.
-
Monsieur ?
-
Réponse de la voix
-
Vous ne le connaissez pas ?
-
Réponse de la voix
-
Non ?
-
Réponse de la voix
-
Vous êtes ?
-
Réponse de la voix
-
Le commandant de bord !
-
D’accord. Vous c’est normal.
Chanceux.
Fort de ce constat (NDmoi : pas celui du commandant de bord,
l’autre, le coup du « croisé de regard »), je
trouvais la parade en faisant mine de fermer les miens lorsque je
sentais qu’elle tournait la tête vers moi.
Une fois, j’eu le malheur de regarder le paysage au travers
du hublot. Nous survolions la région des grands lacs à la frontière
américano-canadienne. Malheur est un mot faible, je venais de
relancer la machine (NDmoi : contrairement a moi, son jeu
consistait à tourner sa tête au même instant que
moi)
-
La dernière fois que je suis venue, elle (NDmoi : certainement
son amie marathonienne) nous (NDmoi : certainement avec
d’autres ami(e)s) invités à une soirée Chipandale
(NDmoi : je l’écris tel qu’elle me l’a dit).
J’étais toute gênée (NDmoi : que dire des autres). Alors
je lui ai dit (NDmoi : elle se remit à
glousser…provoquant l’effet d’un trou
d’air. Non, non, restez calme ce n’est que
Sylvaine)
« je préfère te donner les sous que de les mettre dans son
slip ». Ils sont puritains quand même ces américains.
D’ailleurs la dernière fois nous avions été voir la frontière
du Mexique (NDmoi : Comment ? Il est ou le rapport ?
Je n’en sais rien…Son cerveau va trop vite pour elle,
et pour moi !). Quand je suis rentrée, j’en ai parlé à
Fredo, mon chauffeur de taxi. C’est lui qui m’a emmené
à l’aéroport. Je lui ai dit de venir me chercher le 24
novembre prochain. Il a noté l’heure sur son calepin.
Qu’est ce qu’il est gentil Fredo, c’est un
portugais, mais il est gentil (NDmoi : houlà, le
« mais » mène à des conclusions qui pourraient être mal
interprétées Sylvaine, gaffe !)
Sur la gentillesse de ce monsieur Fredo, je pense qu’il faut
faire intervenir le coût d’un Versailles Roissy, qui doit
frôler les 80 euros de courses. D’autant plus que ma chère
amie est plutôt du genre « cliente idéale », vous lui
dites « bonjour », elle finit la conversation, après elle
paye.
-
Y’a un autre taxi que j’aime beaucoup, même s’il
est plus ambulancier que taxi, c’est Fortuné. Il est
congolais. C’est lui qui vient chercher la p'tiote de ma
voisine, elle est handicapée. Hélas, je ne le vois plus souvent,
car il travaille 2 mois en France après il retourne chez lui en
Afrique. Je crois qu’il ne supporte pas de vivre loin de sa
famille. Ils sont très famille ces gens là. Vous croyez qu’il
peut vivre chez lui avec seulement 2 mois de salaire en euros.
Remarquez, ils vivent avec pas grand-chose là-bas. Un bol de riz et
hop !
Elle se remit à glousser avant de repartir.
-
Je rigole mais je ne suis pas raciste. Par contre je crois que
Bernadette, elle, elle est raciste. Mais c’est bizarre car
son jardinier est noir ainsi que sa femme de ménage. J’ne
crois pas qu’elle aimerait Fortuné.
L’atterrissage s’annonçait, approchait, je pensais
pouvoir me reposer les oreilles. Mais en guise de bouquet final,
elle me fit par de sa colère envers les membres de son syndicat de
copropriété (Ndmoi : syndicat qu’elle préside.
Surprenant ?) et des différents locataires de sa résidence.
Elle leur reproche (surtout à sa voisine de gauche) d’épier
ses allers et venues. Avant de conclure (NDmoi : véridique)
par cette nouvelle phrase culte :
« J’ai pas envie que les gens sachent ce que je fais
dans la vie, non mais ! Les gens sont sans gêne quand
même. »
Dallas, fin du voyage.
Merci Sylvaine pour cette source
d’inspiration, enjoy your stay.
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